Samsung Electronics a interdit à une partie de ses employés d’utiliser les outils d’intelligence artificielle générative, dont ChatGPT. Une décision prise à la suite de « cas d’utilisation abusive » de cette technologie — et qui pose une question que toute entreprise devra trancher.
Cette décision de Samsung remonte à mai 2023. Elle reste l’un des cas les plus cités pour illustrer la tension entre gain de productivité et protection de l’information stratégique.
Une décision qui n’est pas isolée
Au cours des mois qui ont précédé cette annonce, d’autres grandes entreprises — dont Goldman Sachs — avaient déjà interdit ou restreint l’utilisation des plateformes d’intelligence artificielle générative.
Ces faits témoignent d’une préoccupation croissante : les entreprises redoutent les usages abusifs de l’IA générative par leurs employés, au point d’en restreindre l’accès.
Le risque n’est pas l’outil. Le risque, c’est ce que les collaborateurs y déposent sans y penser.
Samsung cherche un « environnement sûr »
Une note interne indique que Samsung s’efforce de trouver des moyens d’utiliser les services d’IA générative dans un « environnement sûr pour les employés, afin que l’efficacité et la commodité du travail puissent être améliorées ».
« Jusqu’à ce que ces mesures soient prêtes, nous interdisons temporairement l’utilisation des services d’IA générative pour les ordinateurs appartenant à l’entreprise », précise le document.
La formulation est importante : il ne s’agit pas d’un rejet de la technologie, mais d’une suspension le temps de construire un cadre.
La confidentialité des données au cœur du sujet
Le document interne recommande également aux employés de ne pas téléverser d’informations liées à leur travail sur ces plateformes lorsqu’ils s’y connectent en dehors des locaux de l’entreprise.
C’est le point central. Les entreprises restreignent l’usage de l’IA générative non seulement à cause des cas d’utilisation abusive, mais surtout en raison des préoccupations sur la confidentialité des données.
Une information collée dans un outil d’IA générative grand public sort du périmètre de contrôle de l’entreprise. Chiffres non publiés, contrats, code source, données clients : le simple fait de les soumettre pour « demander une reformulation » peut constituer une fuite.
Interdire, ou encadrer ?
L’interdiction pure présente un défaut : elle ne fait souvent que déplacer l’usage vers les appareils personnels, où l’entreprise n’a plus aucune visibilité. La position de Samsung — suspendre le temps de construire un cadre — est à cet égard plus lucide qu’un blocage définitif.
À retenir
- Samsung a suspendu l’IA générative sur ses postes d’entreprise après des cas d’usage abusif.
- D’autres grands groupes, dont Goldman Sachs, avaient adopté des restrictions similaires.
- La confidentialité des données est le motif dominant, devant l’usage abusif lui-même.
- Une interdiction sans cadre déplace le risque au lieu de le supprimer.
Source : lefigaro.fr



